Thierry Thieû Niang Danses d’aujourd’hui

Chanter, de la scène à la télé

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Grande soirée musicale, ce soir sur La Trois et Arte. Concours Reine Élisabeth oblige, les téléspectateurs découvriront, outre la finale, un formidable documentaire : « Classes opéra ». Drôle et émouvant.

Rappelez-vous. C’était en février dernier. Sur la scène de La Monnaie, plus de 250 enfants se produisent dans un opéra écrit pour eux par le compositeur anglais Howard Moody : Sindbad, a journey through living flames. L’histoire, mise en scène par le Français Thierry Thieû Niang, d’un homme qui pousse des enfants rendus orphelins par la guerre à partir, à entamer un voyage duquel ils pourront revenir après avoir appris à pardonner.

Si parmi ces jeunes on retrouve les chœurs d’enfants et de jeunes filles de La Monnaie, la majorité n’ont jamais mis les pieds dans une salle d’opéra. Ce sont des petits Bruxellois, des enfants de la ville. Ils ont 11 ans pour la plupart et viennent de quatre écoles différentes, néerlandophones et francophones, libres et officielles, riches et pauvres… Une aventure menée pour la seconde fois par La Monnaie et qui va véritablement télescoper l’univers du réalisateur Joël Franka. « Je collabore régulièrement avec La Monnaie pour faire de petits reportages. Là, ils m’ont demandé, en septembre, de filmer des images du projet lancé avec les écoles, pour avoir une trace. J’ai vu une première répétition et j’ai trouvé ça tellement incroyable. Un sujet extraordinaire et en même temps grand public. Une formidable porte d’entrée pour parler d’opéra en télé. »

Joël Franka termine alors la promotion de son premier long-métrage. Une chanson pour ma mère et décide de se lancer d’initiative dans le tournage d’un documentaire sur l’aventure Sindbad. Il trouve un producteur (Alizée) et bientôt La Monnaie et la RTBF lui donnent des moyens supplémentaires.

« Dans ce film, avoue-t-il, l’opéra sert de prétexte pour parler de beaucoup d’autres choses. » Quelques enfants se détachent des autres dans le documentaire. « J’en ai repéré 8 à 10 et je les ai suivis. Certains très motivés, d’autres parce que justement ils avaient l’air plus effacés, un peu dans leur coin. J’ai même été chez certains mais en laissant les parents en dehors. Ce n’était pas mon point de vue. Je cherchais les enfants et l’émotion. »

Certains parlent avec facilité, d’autres connaissent mal la langue, comme cette enfant roumaine. Il y a le petit Marocain, le jeune métis ou encore une grande et jolie gamine qu’on sent à deux doigts de l’adolescence. « On les voit prendre de l’assurance. Au début, ils ne sont pas sûrs d’eux, surtout les garçons. Finalement ce qui les rassure, c’est que le metteur en scène et le compositeur sont des hommes. Chanter et danser ce n’est pas qu’un truc de filles… Et l’opéra pas qu’un truc de vieux ! »

Le film insiste aussi sur l’indispensable formation artistique et culturelle des enfants, à l’âge où tout se joue. Et montre combien la musique, l’opéra peuvent être des rassembleurs de culture et de générations.

Déjà présenté à La Monnaie voici quelques semaines, Classes opéra est proposé en première télévisée ce samedi, dans le cadre de la grande soirée de la finale du Concours Reine Élisabeth.

Un bon conseil, ne le manquez pas. L’humour et l’émotion sont au rendez-vous.

Marie-Françoise Gihousse - L’Avenir - 5 juin 2014


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