Thierry Thieû Niang Danses d’aujourd’hui

Classe lyrique : Opéra-Comique, naissance d’une Académie

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Sur ARTE : dimanche 13 avril à 17h35


Dix jeunes chanteurs se forment aux subtilités du “parlé-chanté” à l’Opéra-Comique. Un plaisant voyage initiatique dans les coulisses d’une maison tricentenaire cette année, signé Rémi Lainé (Délits mineurs, Le monde s’arrête à Bugarach...).

C’est une confrérie étrange dont les membres se demandent s’il faut grasseyer les “r” ou les rouler, et exhument avec ferveur une partition de Georges Bizet à la Bibliothèque natio-nale. Il s’agit de “l’académie”, créée en 2012 au sein de l’Opéra-Comique par Jérôme Deschamps, qui dirige la maison depuis 2007. L’illustre théâtre parisien y formera désormais chaque année de jeunes chanteurs à son piquant répertoire, fondé sur un art de haute voltige, le “parlé-chanté”. Rémi Lainé a suivi la toute première promotion 2012- 2013 : dix jeunes gens à la voix déjà sûre, repérés parmi trois cents candidats. Ils viennent d’horizons variés, des quartiers populaires grenoblois comme du Gabon, de la scène rock bretonne ou de la maîtrise de Notre-Dame de Paris.

- Explosion de Ciboulette

D’une caméra alerte, le documentariste filme les ateliers avec les chefs de chant ou les séances de travail avec des intervenants renommés : la chanteuse soprano Christiane Eda-Pierre, émue de retrouver “l’âme” de l’Opéra-Comique, où elle a passé onze ans, le chorégraphe Thierry Thieû Niang, qui incite ces chanteurs à “réinventer leur corps”, le metteur en scène Michel Fau qui chatouille avec fantaisie la fibre théâtrale encore timide de la troupe. Créations et récitals permettent à celle-ci de se produire sur scène. Dans Cendrillon de Pauline Viardot, Ronan, l’ex-rocker, entonne de sa puissante voix de baryton la tirade du baron de Pictordu, qu’il agrémente de comiques trémolos. Magali, la soprano colorature, se livre à d’éblouissants effets pyrotechniques façon “reine de la nuit” dans Ciboulette de Reynaldo Hahn. Quant à Sandrine, elle donnera la mesure de son charisme en interprétant du Poulenc.

Aux côtés des “académiciens”, le film revisite aussi les splendides coulisses et la saga tricentenaire de l’Opéra-Comique, à l’aide de jolies gravures en 3D. Au départ dédaigné, son art, né des parodies des troubadours, conquiert peu à peu ses lettres de noblesse. La maison connaît son heure de gloire au XIXe siècle. De grands compositeurs lui écrivent alors son répertoire : Berlioz, Debussy, Bizet, qui y créa sa Carmen.

L’Opéra-Comique s’est toujours soucié des jeunes gens. Durant les spectacles, on laissait les lumières allumées pour favoriser leurs idylles. Aujourd’hui, on les éteint pour entendre leurs voix fougueuses, et perpétuer une riche histoire musicale.

Noémi Constans - Arte Magazine - 12 avril 2014

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