Locarno 2016
(...) On le constate sans surprise, la renommée de ces vétérans dont les films coexistent avec une douzaine de premiers ou deuxièmes films s’étend dans une contrée cinéphile à la fois très vaste (par son étendue géographique, par la diversité de ses produits) et très exiguë (par le nombre de sa population). C’est le mérite de Locarno que de déplacer les foules à la rencontre de ces films qui, pour la plupart (ce n’est pas être un prophète de malheur que de le pronostiquer), peineront à trouver les écrans nécessaires à la rencontre avec le public.
Car si les projections de presse ont lieu dans le théâtre du casino de la station balnéaire, les projections publiques sont organisées dans de grandes salles à vocation plus ou moins sportive qui sont souvent pleines à craquer. C’était le cas, le 4 août, pour la projection d’Une jeune fille de 90 ans, un documentaire de Valeria Bruni Tedeschi et Yann Coridian, qui suit le travail du chorégraphe et danseur Thierry Thieû Niang dans un établissement accueillant des patients atteints de démence. Une fois faite la part de la bienveillance habituelle des publics de festivals, je suis resté confondu par la vigueur avec lequel ce film a établi son emprise sur la foule, la conduisant délicatement des rires qui accompagnent, pendant les premières séquences les déraisons des vieillards que Thierry Thieû Niang fait danser, au partage de la douleur de ces hommes et de ces femmes qui tentent de retenir la vie qui les fuit.
Thomas Sotinel - Le Monde - 5 août 2016
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