Partir un jour : secrets de tournage

Partir un jour
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- Cannes 2025 : ce film est présenté en hors-compétition au Festival de Cannes 2025 et en fait l’ouverture.

- Tiré d’un court-métrage césarisé

Partir un jour est le premier long-métrage d’Amélie Bonnin. Il est tiré du court-métrage éponyme, récompensé par le César du meilleur court-métrage de fiction en 2023. Malgré ce succès, adapter cette œuvre dans un format long n’était pas une évidence pour la réalisatrice : « Je crois que chaque histoire a sa propre durée, j’avais donc peur d’étirer ce court en long. Ce sont mes producteurs, Bastien Daret, Arthur Goisset et Robin Robles de Topshot Films, associés pour l’occasion à Sylvie Pialat et Benoît Quainon des Films du Worso, qui m’ont suggéré d’y réfléchir, dès l’étape du montage du court métrage. Ils étaient persuadés qu’il y avait là matière à un long. »

- De la chanson au cinéma

Partir un jour offre à la chanteuse Juliette Armanet son premier grand rôle au cinéma. L’interprète de L’Amour en solitaire s’est déjà illustrée auparavant comme actrice, d’abord dans des petits rôles de chanteuse (Micmacs à tire-larigot, Marie et les naufragés), avant de décrocher de des seconds rôles de composition dans Rosalie et la série Carême.

Bien qu’elle soit une autrice-compositrice-interprète confirmée, et que le film contienne des séquences musicales, ce n’est pas pour cela que la réalisatrice l’a choisie. Elle revient sur leur rencontre : « J’ai rencontré Juliette sur un spectacle au cours duquel elle faisait de la musique et moi du dessin. J’ai été saisie par son charisme, sa façon de parler, son profil d’oiseau aussi, et j’ai tout de suite eu envie de la filmer. »

- Inversion des rôles

Bastien Bouillon et Juliette Armanet tenaient déjà les deux rôles principaux du court métrage dont est tiré Partir un jour. Mais cette fois, les rôles sont inversés : ce n’est plus un homme qui retourne dans sa ville natale et retrouve son amour d’enfance, mais l’inverse. La réalisatrice a décidé de féminiser le récit, après s’être étonnée elle-même d’avoir centré son court sur un point de vue masculin : « Lorsque j’ai écrit le scénario du court, je ne me suis pas posé de questions : mon héros, spontanément, était un garçon. C’est seulement lorsqu’on me l’a fait remarquer, après, que ça m’a sciée. Je suis une femme, je travaille dans un magazine féministe (La Déferlante) et je donne le rôle moteur à un homme alors que l’histoire que l’on raconte ne le nécessite absolument pas : cela montre bien comment le patriarcat a infusé notre esprit ! »

- Lieu de tournage authentique

Le relais routier central du film est un véritable relais situé dans le Grand Est. ​Il a été choisi dès la première visite et a servi de décor pendant trois semaines de tournage. L’équipe l’a rebaptisé « L’Escale », du nom d’un relais emblématique à Châteauroux, ville natale de la réalisatrice.

- Un film musical

Selon Juliette Armanet, « Amélie (Bonnin) nous l’a maintes fois répété sur le plateau : Partir un jour N’EST PAS UNE COMÉDIE MUSICALE mais UN FILM MUSICAL !! C’était carrément devenu un running gag ». La réalisatrice a davantage envisagé son film comme Alain Resnais dans On connaît la chanson que comme Damien Chazelle dans La La Land. Si elle adore la chanson en général et la comédie musicale en particulier, ce n’est pas l’envie de faire un film musical qui est à l’origine de Partir un jour : « Je suis plutôt partie du constat que la musique est partout dans nos vies, tout le temps. Elle constitue un socle commun, voire un lien entre les gens d’une génération. Même quand ils sont très différents, ils partagent au moins une chanson. » Elle a choisi des chansons populaires, parce qu’elles font appel à un patrimoine commun et véhiculent des souvenirs.

- Des chansons enregistrées en live

Les scènes chantées ont été enregistrées en direct sur le plateau, sans studio, pour préserver l’authenticité et l’émotion des interprétations. La réalisatrice détaille : « on a tourné la scène chantée autant de fois qu’il le fallait, jusqu’à atteindre la qualité de jeu que l’on souhaitait. Puis on a refait la chanson en direct, sur le plateau, mais cette fois sans jouer, juste en se concentrant sur la justesse. Pour assurer. Par ailleurs, le travail du son en post-production, notamment au moment du montage, s’est fait au millimètre près. »

- Une mise en scène chorégraphiée

La grande majorité des séquences chantées et dansées a été chorégraphiée par Thierry Thieû Niang, y compris lorsque les personnages semblent accomplir des gestes plus quotidiens, comme éplucher des pommes de terre ou cuisiner. Amélie Bonnin explique : « nous ne cherchions pas la danse à proprement parler, mais plutôt la façon dont chaque corps allait se mouvoir dans l’espace, en fonction de la personnalité des personnages. » Le but était que sur le plateau, les comédiens n’aient pas à chercher leurs mouvements et puissent se concentrer sur l’interprétation.

- Top Chef

Juliette Armanet a pris des cours avec une cheffe, Tatiana Levha, qui est également venue sur le tournage pour superviser les gestes techniques et la crédibilité des scènes. L’actrice ne pouvait pas être doublée pour les scènes où on la voit préparer des plats car elles étaient tournées en plan-séquence.

Allociné - mai 2025

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