« Au Cœur » de Thierry Thieu Niang : consoler, consolider le monde.

La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon brille de lumière, éclabousse de chaleur : 16h dans l’église, le public réuni, face à face sur deux rangées en ligne découvre le spectacle « itinérant » que le chorégraphe, fidèle compagnon du festival, orchestre pour des jeunes adolescents amateurs ; fruit d’un travail de longue haleine en milieu scolaire sur le geste, le territoire, la communication, la différence.

Au cœur de la vie, du drame et des joies de chacun assurément. Vagues de courses folles, échappées belles, évasion ou recueillement, les sentiments, les émotions se succèdent, alternent avec des silences, des pauses immobiles. De l’enfance, Thierry Thieû Niang garde la fraîcheur, le jeu, la spontanéité mais aussi le chagrin et la souffrance, la douleur partagée d’un groupe, d’un petit collectif où chacun a son identité et garde toute son altérité.

Remarquable direction d’acteurs-danseurs, accueil d’un travail musical et choral, font de cette pièce l’emblème d’une expérience riche et partagée, à l’écoute des bruissements des gestes des enfants, des adolescents. Un musicien partage ce lieu singulier, couloir ouvert, mais résonant des voûtes de l’églis e : Robin Pharo est au centre ou partage l’espace avec sa viole de gambe ; Camille, la chanteuse a réglé les chants choral et Claude Lévêque signe la scénographie, de ses néons, griffe et marque de fabrique du plasticien, compère pour cette expérience. Les voix, les sons, portés par l’acoustique résonnent, se dispersent dans l’espace. Travail de danse chorale autant que d’émission de la voix en groupe soudé, vibrant, chaleureux.

La danse, le mouvement irriguent les corps de ses interprètes, assurés, confiants, solides piliers de cette ode bercée par les textes de Linda Lê : une petite fille sera le nerf , la clef de voûte d’un des moments les plus intenses : elle récite sans faille un texte grave et incarne la voix de ces jeunes, autour d’elle, confrontés à leur physique, leur histoire, leurs pensées. On suppose qu’ils ressortiront « grandis » de cette communion partage, de cette « compagnie » éphémère, cum panis où l’on partage chant, danse, pain et jeu, à foison, sans compter, comme en danse disait Martha Graham !

Geneviève Charras - 19 juillet 2016

Voir en ligne : Retrouvez l’intégralité de cet article sur le blog de Geneviève Charras

Représentations & évènements à venir

29 mai 2022 à 16h00

Voodoo Cello

Deauville

30 mai 2022 à 20h45

Voodoo Cello

Saint-Germain-en-Laye

31 mai 2022 à 13h00

Agapè, danser à l’hôpital

Bobigny

2 juin 2022 à 19h00

Voodoo Cello

Sofia - Bulgarie

4 juin 2022

Voodoo Cello

Antalya - Turquie

8 juin 2022 9 juin 2022 à 20H00

Voodoo Cello

Paris 2e

11 juin 2022 à 20h30

Voodoo Cello

Arès

14 juin 2022 22 juin 2022

Donnez-moi une raison de vous croire

Montreuil

15 juin 2022 à 20h00

Voodoo Cello

Mulhouse

24 juin 2022 25 juin 2022

Rothko Untitled #2

Bobigny

7 juillet 2022 13 juillet 2022 à 18H00

Iphigénie

Opéra Grand Avignon