« Le mouvement, c’est l’expression la plus simple de la vie »

Habiter le mouvement

Photo : Gracieuseté / Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue

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Certaines rencontres peuvent lancer un mouvement. Celle de Béatriz Mediavilla et du chorégraphe français Thierry Thieû Niang a amené la Rouynorandienne sur le chemin de son nouveau film, Habiter le mouvement.

Cette rencontre fortuite s’est produite à la suite de la projection de son précédent documentaire, Danse avec elles, au Festival Cinédanse de Québec. « Il y avait un documentaire sur le travail de Thierry, Danser le printemps à l’automne, qui m’avait bouleversée. Après la projection, il était venu me voir pour me dire qu’on cherchait la même chose : moi, n’importe quand, j’y vais dans le Nord », a raconté la Rouynorandienne.

Une tournée de danse

Le directeur de Cinédanse, Sylvain Bleau, a alors organisé une tournée où Thierry a donné des cours à des non-danseurs, dans lesquels la réalisatrice s’est intégrée.

« Je ne savais pas trop où je m’en allais. Avec une petite équipe, on a suivi la tournée. J’ai tourné avec Dominic Leclerc et Mélissa Major », a relaté Béatriz Mediavilla.

« On a fait 17 jours de tournage durant les cours de Thierry. Je me suis assise et que j’ai commencé à scénariser ce que j’allais raconter. Il y avait déjà des films sur Thierry, mais je me suis intéressée à ses chorégraphies. C’est entre le documentaire, la fiction, l’expérimental et la poésie. Comme le film est un peu plus poétique et qu’il aurait dû être un peu hermétique, on l’a construit en chapitres », a-t-elle ajouté.

Le mouvement

Sous cette volonté de ne pas raconter son sujet, la cinéaste a poussé la réflexion plus loin. « Ce film, c’est un peu le monde qui m’habite et celui de Thierry », a-t-elle mentionné.

Elle y aborde des thèmes qui lui tiennent à cœur comme la langue, alors que certains chapitres sont en espagnol, d’autres en anglais, d’autres en français.

« Le mouvement, c’est l’expression la plus simple de la vie. La vie commence par un battement de cœur. Tout bouge même si on ne bouge pas. Pour moi, le mouvement est un synonyme de la vie » - Béatriz Mediavilla

Raconter

Ainsi, elle s’intéresse aussi à ce que les participants ont vécu. « Qu’est-ce que le corps permet de faire ? À travers la tournée, on a eu des discussions avec Joséphine Bacon et Martine Époque. Nicolas Lauzon a, pour sa part, écrit des textes pour décrire son expérience. On a glané un peu partout pour savoir ce que les ateliers faisaient vivre », a fait savoir la réalisatrice.

« On a donné la parole aux participants. Il y a une volonté d’entendre plusieurs paroles. Il y a des enfants, ils y a des adultes. Pour Thierry, juste être présent est déjà de la danse. Les ateliers étant intergénérationnels, il y avait des gens de 8 à 87 ans. Et c’était tous des non-danseurs », a-t-elle précisé.

Le public se trouvera aussi intégré à cette volonté d’habiter le mouvement. « Les images ont été travaillées de façon très immersive. Thierry s’adresse aux participants, mais aussi aux spectateurs. Il y a une sorte de double discours. On peut habiter le mouvement en regardant le film », a indiqué Béatriz Mediavilla.

La trame sonore a été conçue par Antoine Bédard, musicien qui opère sous le pseudonyme Montag. Cette trame est disponible depuis le 25 octobre en CD audio.

Jean-François Vacho - Le Citoyen - 29 octobre 2019

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