Thierry Thieû Niang Danses d’aujourd’hui

Une scène royale pour 250 enfants

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Ils sont plus de 250 dans la grande salle de répétition du Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles. Des enfants embarqués dans un voyage musical.

Leur chant est comme un souffle puissant. Dans la grande salle de répétition de la Monnaie, juste derrière le célèbre théâtre bruxellois, ils sont près de 200 enfants et 50 adolescentes. Depuis plusieurs mois, ils sont impliqués dans un grand projet musical : Sindbad, un voyage à travers les flammes vives. Un opéra écrit spécialement pour eux par l’Anglais Howard Moody et mis en scène par le Français Thierry Thieû Niang. Certains de ces enfants et ados sont déjà des habitués de la prestigieuse scène bruxelloise. Ils appartiennent à la maîtrise ou au chœur des jeunes de la Monnaie. Mais ils sont encore plus nombreux à pénétrer pour la première fois dans les coulisses de l’art lyrique.

« C’est la troisième rencontre entre les enfants, le metteur en scène et le compositeur, nous explique Linda Lovrovic du département pédagogique de la Monnaie, et c’est la première fois qu’ils répètent avec les deux solistes. Mais depuis fin septembre, nous allons deux fois par semaine dans les écoles pour les préparer. »

Une formidable opportunité mais aussi un lourd engagement pour les quatre écoles qui ont dit oui à ce projet musical. Une expérience déjà menée par la Monnaie en 2010 avec Brussels requiem. « Certaines écoles que nous avions contactées ont dit non. Il faut vraiment que les instituteurs soient impliqués dans le projet. »

« Les enfants sont réellement très concentrés, avoue Howard Moody, l’auteur et le compositeur de Sindbad, il faut leur faire comprendre le langage musical, explorer avec eux toutes les façons d’apprendre. » L’histoire qui évoque le voyage de Sindbad, la guerre, la fuite (voir ci-contre) est à la fois légendaire et particulièrement ancrée dans le présent. « Pour les enfants, cette histoire n’a rien d’abstrait. C’est un sujet d’actualité. Certains d’entre eux ont d’ailleurs connu l’exil, sont des réfugiés. Ils découvrent la force du groupe, en chantant et en bougeant. Ils découvrent aussi l’universalité qu’il peut y avoir entre les conflits. La Première guerre mondiale ou la Syrie, c’est la même histoire. Ça peut arriver. On leur dit “ vous êtes responsables ”. Des enfants peuvent comprendre ça. »

Howard Moody était déjà à la base du Brussels requiem, un gros succès. « Nous avons ouvert des portes en créant une nouvelle forme d’opéra où le groupe est une histoire, une force et une puissance. Je pense qu’on ne se rend pas compte, à travers le monde, de la force de mettre des gens ensemble autour d’un projet. Il faut un opéra pour y penser. »

Dans trois petites semaines, c’est dans la grande salle du Théâtre royal de la Monnaie et avec l’orchestre de la maison lyrique que les enfants affronteront le public. Ils seront portés par la belle (pour ce que nous avons pu en juger lors des répétitions) musique de Moody et accompagnés seulement de deux adultes, le baryton anglais Yvan Ludlow (Sindbad) et la soprano belge Hendrickje Van Kerckhove (Sheherazade). Un fameux défi. Qui manifestement ne les effraie pas trop !

Marie-Françoise Gihousse - L’avenir - 28 janvier 2014


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